Charles Trenet
LA MÉNAGERIE PATARAC
Paroles et musique: Charles Trenet, 1935


Près de la baraque de la belle Héléna
Et tout à côté du grand mât
Je revois toujours, le coeur m'en fait tic tac,
La ménagerie Patarac
Où j'ai passé des minutes si charmantes
Sous la soupente
Près de l'orchestre et de ses couacs
Un programme de grande classe
Était écrit sur une glace
Dehors on promettait et tout et tout et tout
Qu'on se demandait en entrant
Si parfois quelques fauves terribles
Pouvaient s'échapper... c'est possible...
Mais il n'y avait qu'un pauvre lion débonnaire
Quadragénaire, très fonctionnaire
Avec un air timide et doux sans trop s'en faire
Il regardait où volaient les moucherons
Il n'avait pas l'air d'être des plus sanguinaires
Mais très pépère comme un notaire
Et qui après avoir rugi
Donne la patte pour dire merci
Il se couchait tout comme un sac
On comprenait que c'était fini
Et pour dix sous c'était gentil
La ménagerie Patarac.

Un jour le vieux lion qui s'appelait Brutus
Tomba malade mordicus
Je revois toujours Patarac affolé
Et courant échevelé
Il avait les moustaches en bataille
Et la marmaille
Autour de lui le questionnait:
PARLÉ:
Alors me sieur Patarac... et votre lion?
Hélas répondit le brave homme
Dans un triste moment nous sommes
Brutus n'a pas mangé depuis huit jours
A mon appel il reste sourd
Comme jadis il n'a plus le cur allègre
Il est presque aveugle... il est maigre
On fit appeler un vieux vétérinaire
Sexagénaire, un peu lunaire
Qui s'y connaît et dire enfin sans mystère
Je vois que cet animal est au plus mal
Après ces mots définitifs que l'on vénère
Qu'on exagère qui dégénère
Après que l'homme fut parti
Qu'il ait dit au revoir et merci
Battus n'était plus qu'un vieux sac
Alors le monde comprit
Que désormais c'était fini
La ménagerie PATARAC


À la page des textes de Charles Trenet
À la page des textes