Jean Ferrat
PARIS AN 2000

Paroles: Henri Gougaud


Des cages s'ouvrent sur des cages
Il y a dans l'air comme un naufrage
Un coeur quelque part ne bat plus
Paris
Un coeur quelque part ne bat plus
Paris

Nous n'irons plus flâner aux Halles
Au petit jour à peine pâle
Nous ne vous tendrons plus la main
André Breton, Apollinaire
Poètes de la ville lumière
Paris magique s'est éteint
Couleur de fer coule la Seine
Quelle injure crient tes sirènes
Capitale prostituée
Quand nos regards sans transparence
Noyés dans des tonnes d'essence
Pleurent des larmes polluées

Les cages s'ouvrent sur des cages
Il y a dans l'air comme un naufrage
Un coeur quelque part ne bat plus
Paris
Un coeur quelque part ne bat plus
Paris

Il n'est de Paris que son ombre
Des chercheurs d'or sur les décombres
Dressent des banques de béton
L'ordre massif règne immobile
Le pauvre habite en bidonville
Le riche à la ville bidon
Dans les rues tracées à la trique
Voici l'acier géométrique
Des Bastilles de la fureur
Reviendrons-nous un jour les prendre
Avant que mille ne tombent en cendres
Du front de Paris crève-coeur

Les cages s'ouvrent sur des cages
Il y a dans l'air comme un naufrage
Un coeur quelque part ne bat plus


À la page des textes de Jean Ferrat
À la page des textes