Bourvil
EN REVENANT DE LA REVUE

Paroles: Delormel et Garnier, musique: L.C. Desormes, 1950


Je suis le chef d'une joyeuse famille
Depuis longtemps j'avais fait le projet,
D'emmener ma femme, ma soeur, ma fille,
Voir la revue du 14 juillet
Puis après avoir cassé la croûte,
En coeur nous nous sommes mis en route;
Les deux femmes avaient pris le devant;
Moi je donnais le bras à belle maman.
Chacun devait emporter
De quoi pouvoir boulotter
D'abord moi je portais les pruneaux,
Ma femme portait deux jambonneaux,
Ma belle-mère comme frigo,
Avait une tête de veau,
Ma fille son chocolat,
Et ma soeur deux oeufs sur le plat.

Gais et contents,
Nous marchions triomphants,
En allant à Longchamps le coeur à l'aise,
Sans hésiter, car nous allions fêter,
Voir et complimenter l'armée française.

Bientôt de Longchamps on foul-la plouse,
Nous commençons par nous installer,
Puis je débouche les douze litres à douze,
Et on se met à saucissonner.
Tout à coups on crie: "vive la France";
Cré Dieu c'est la revue qui commence,
Je grimpe sur un marronnier en fleur
Et ma femme sur le dos d'un facteur.
Ma soeur qu'aime les Lanciers,
Acclame ces fiers troupiers,
Ma tendre épouse bat des mains,
Quand défilent les Saint-Cyriens,
Ma belle-mère pousse des cris
En reluquant les Staïs,
Moi je faisais qu'admirer
Le brave général Boulanger.

Gais et contents,
Nous étions triomphants,
De nous voir à Longchamps le coeur à l'aise,
Sans hésiter, nous voulions tous fêter,
Voir et complimenter l'armée française.

En route j'invite que èque militaires,
A venir se rafraîchir un brin.
Mais à force de lécher des verres,
Ma famille avait son petit grain.
Je quitte le bras de ma Belle-mère,
Je prends celui d'une cantinière
Et le soir quand nous nous rentrons,
Nous sommes tous complètement ronds.
Ma soeur qu'était en train
De ramener un fantassin,
Ma fille qu'avait son plumet,
Sur un cuirassé s'appuyait;
Ma femme sans façon,
Embrassait un dragon;
Ma belle-mère, au petit trot,
Galopait au bras d'un turco.

Gais et contents,
Nous allions triomphants,
En revenant de longchamps le coeur à l'aise,
Sans hésiter, nous venions d'acclamer,
De voir et de complimenter l'armée française.


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